Mateata Taumihau de la danse à la pêche

Une formation « certificat d’initiation pêche » a débuté il y a une quinzaine de jours au centre des métiers de la mer de Polynésie française. Nous sommes allés à la rencontre de Mateata Taumihau, une des participantes, qui souhaitait, en s’inscrivant, en apprendre un peu plus sur les divers métiers de la pêche.

Zéphyrin Tarahu, le formateur, nous a expliqué : « Aujourd’hui, on est en train de voir tout ce qui est pratique de pêche au large en dehors de la Polynésie comme la grande senne, le chalut, la drague…On survole ces techniques, ensuite on revient en Polynésie pour voir plus spécifiquement les techniques de pêche utilisées en Polynésie, c’est à dire le long line, la pêche au poti marara, au bonitier, et on développe ce côté pédagogiquement, avec des supports d’images. »

Une fois la formation terminée, les participants auront l’obligation d’embarquer sur un thonier pour valider le certificat avant d’éventuellement suivre une nouvelle formation, le « brevet de pêche côtière » qui leur permettra d’être capitaine d’un bonitier, d’un poti marara ou d’un petit thonier. Pour les thoniers plus importants, il faudra alors se diriger vers le « brevet capitaine pêche au large. »

Nous sommes allés à la rencontre de Mateata Taumihau, qui participe à la formation, pour comprendre ses motivations. Nous la retrouverons en fin de formation.

Parole à Mateata Taumihau, 31 ans :

Qu’est-ce qui t’a amenée vers ce secteur professionnel ?

« J’avoue que de moi-même je ne serais pas venue. Mon père a été pêcheur, malheureusement il est parti il y a longtemps. Il était passionné par la pêche alors j’ai voulu connaître ce monde. Depuis que j’ai débuté les cours, je vois qu’il n’y pas seulement ce que tu peux apprendre avec la famille, il y a la technique, la théorie, et c’est vraiment intéressant. Je ne regrette vraiment pas de m’être inscrite, c’est vraiment sympa. »

Quelles sont les matières abordées ?

« Il y a la navigation, tu apprends à lire des cartes, tu apprends aussi la manœuvre du bateau, tout ce qui est lié aux machines, les moteurs…comment ils sont faits. On a eu également un professeur qui nous a expliqué ce qu’était un bateau, comment il était construit. On a été initiés au langage des marins, comment s’appelle l’avant et l’arrière d’un bateau…Tous les cours sont très intéressants. »

Ton parcours ?

« Un parcours qui n’a pas grand-chose à voir avec la pêche ! Je suis partie en Espagne pour la danse mais tout ce qui est lié à la mer m’a toujours passionné. La protection des lagons…J’ai vu beaucoup de documentaires sur la pêche même si pour l’instant je ne pratique pas beaucoup. »

Tes projets ?

« Tout dépendra de la formation, on verra bien à la fin. Ce n’est qu’à la fin de la formation que je pourrais me positionner. Ce que je voulais voir, c’est également les différents métiers que tu peux avoir dans le secteur de la pêche. J’ai pu justement en apprendre un peu plus. L’éventail est large, ce n’est pas parce que je fais cette formation CIP que je ferais forcément de la pêche sur un bateau. Cela peut mener vers autre chose. Et ça, c’est très intéressant. »