Focus sur Serge Ina, chef-mécano sur l’Aremiti

Serge Ina est originaire des Marquises. Il est actuellement chef-mécano pour la compagnie Aremiti. Il a participé dernièrement à une formation « Sécurité sur navire à passagers » organisée par le centre des métiers de la mer de Polynésie française afin de valider ses acquis. Nous avons voulu en savoir plus sur son parcours et sur ses objectifs : il voudrait devenir capitaine.

La sécurité en mer, quoi de plus important pour un marin ? Le centre des métiers de la mer de Polynésie française a proposé dernièrement une formation « Sécurité sur navire à passager » sur deux jours. Cette formation permet à des marins de tous niveaux de valider leurs acquis en sécurité. Ce fut l’occasion de faire la connaissance du chef-mécanicien Serge Ina.

Après le lycée, Serge Ina a fait l’armée en 2000 puis il s’est dirigé vers le secteur de la pêche en 2002 avant d’intégrer la compagnie Aremiti dès 2004. Il est passé par les postes de marin, second capitaine, nettoyeur, graisseur, second mécanicien puis chef-mécanicien. Son but ? Devenir capitaine, il voudrait pour cela passer d’autres formations. Une chose est certaine, cet homme originaire des Marquises est un grand passionné de la mer.

Parole à Serge Ina, chef mécanicien :

Quel a été ton parcours de formation ?

« J’ai débuté à l’école maritime en 1998 ici, au centre des métiers de la mer, avec la formation patron au bornage qui est appelée aujourd’hui le brevet de capitaine 500. Ensuite en 2001-2002, j’ai fait le brevet de capitaine de pêche au large puis, en 2007, j’ai passé le brevet de mécanicien 750 kW, puis en 2014 le 3000 kW. J’attends impatiemment que l’école ouvre une formation d’officier chef de quart passerelle et une formation au brevet de capitaine 3000 UMS. Mon objectif final est de prendre le commandement d’un navire en tant que capitaine. »

Pourquoi les métiers de la mer ?

« J’ai un oncle qui a été capitaine à la flottille administrative. Etant originaire des Marquises, plus jeune, je dansais dans un groupe marquisien et on participait aux festivals culturels qui avaient lieu tous les quatre ans aux Marquises. Notre moyen de transport était le bateau de la flottille. C’est comme ça qu’est venue cette vocation. J’ai toujours voulu faire de la navigation de commerce mais j’ai goûté quand même au secteur de la pêche. J’ai essayé aussi les navires militaires. J’ai fait aussi un peu de plaisance et de transport de passagers à Rangiroa. »

Ton bilan de cette formation sécurité ?

« Dans le quotidien de l’Aremiti, on rencontre tous types de comportements, notamment le week-end. Il faut savoir que le ferry transporte presque 1000 passagers. Ce genre de formation, qui se renouvelle tous les cinq ans, nous permet d’appréhender tous ces comportements pour avoir la bonne réaction. Il faut éviter le sur-accident, l’aggravation de la situation. Sur son lieu de travail, il ne faut pas s’installer dans une routine et rester concentré tous les jours. C’est une très bonne formation avec de très bons formateurs. On a fait un peu de théorie et de la pratique sur le Tahiti Nui 1. »

La sécurité est cruciale pour un capitaine ?

« Oui, à partir du moment où tu es même simple marin, capitaine ou mécanicien, la sécurité sur le navire est primordiale, pour toi-même mais aussi pour les personnes et le matériel que tu transportes. La vie humaine en mer est très difficile à gérer mais elle est très importante. Il ne s’agit pas de rentrer avec un passager ou un membre de l’équipage en moins. Et il faut de l’humilité. On vit avec la mer, ici en Polynésie. Beaucoup de nos activités sont liées à elle donc il faut la respecter comme nos grands-parents nous l’ont appris. »

Un dernier mot ?

« Il y a beaucoup de demandes pour des formations supérieures, ce serait super qu’une formation capitaine illimité soit proposée. Il y a beaucoup de navires et même de nouveaux navires en Polynésie, toujours plus gros, toujours plus sophistiqués, comme on peut le voir dans la flottille Aremiti. Les Polynésiens sont parfois obligés de partir en France pour passer certaines formations pour prendre le commandement de ces nouveaux navires toujours plus gros. Partir a un coût donc j’espère que l’école pourra fournir un jour ces formations sur Tahiti. »




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