Willy Ah Min a bouclé sa formation BCPC

Le champion de va’a Willy Ah Min vient de terminer sa formation au brevet de capitaine de pêche côtière au Centre des Métiers de la Mer de Fare Ute. Nous avons pu le rencontrer pour un bilan. Son but ? Aller pêcher plus loin, avec un plus gros bateau, et surtout obtenir sa licence de pêche qui lui offrira divers avantages. Interview.

Willy Ah Min est bien connu dans le monde du va’a, il est l’homme fort de Paddling Connection, une des équipes de va’a les plus réputées des îles sous le vent. En Polynésie française, les sportifs à vivre de leur sport sont très rares, Willy Ah Min a donc choisi tout naturellement de se diriger vers la pêche pour gagner sa vie.

Malgré une bonne connaissance de la mer et une belle expérience aux commandes de son poti marara, Willy a choisi de se former au Centre des Métiers de la Mer de Polynésie française (CMMPF). Il vient de terminer une formation au brevet de capitaine de pêche côtière qui a duré quatre mois et demi.

Nous avons pu le rencontrer à la fin de sa formation pour un bilan.

Parole à Willy Ah Min :

Le bilan de cette formation BCPC ?

« Je me sens prêt, après ces 18 semaines de formation. On a eu le temps de voir pas mal de choses concernant la sécurité, la navigation, la météo et on part confiant pour les examens qui représentent un premier pas vers le métier de capitaine. Si tu n’as pas le brevet, c’est la fin de l’aventure ! Là, on a une semaine de stand-by pour revoir un peu tout ça, et on enchaînera sur sept jours d’examens. On devra ensuite naviguer douze mois pour valider le brevet pour avoir la licence. Aujourd’hui, c’est le dernier jour et on est contents d’avoir bouclé ça et d’avoir acquis un certain savoir. »

Qu’as-tu appris ?

« Beaucoup de choses sur les normes de sécurité qu’il faut respecter à bord. C’est bien d’avoir ce type d’acquis. Et beaucoup d’autres choses comme la lutte contre l’incendie, le secourisme…des choses que l’on n’a pas l’habitude de voir sur nos petits bateaux. Cela m’a donné un bagage de plus. L’océan, c’est grand, tu ne peux pas te permettre de t’y aventurer sans prendre de précautions. Je faisais des choses avant la formation tout en sachant que ce n’était pas bien. Aujourd’hui, il ne me viendrait même pas à l’esprit de les faire. On devient un professionnel, ce n’est plus la même chose. Tu prends conscience que tu prends des risques pour toi et que tu fais prendre des risques à ceux qui viendront te secourir. »

Quelques mots sur l’ambiance, le CMMPF en général ?

« L’ambiance avec les professeurs, les élèves, super, rien à dire. Le point fort de l’école, c’est la formation approfondie sur différentes matières et ça je pense que c’est nécessaire pour être prêt pour l’examen parce que juste comme ça à la maison, ce n’est pas possible, ce n’est pas faisable. Le fait qu’il y ait un centre comme ça en Polynésie, c’était vraiment une chance dont il faut profiter. Je le recommande à tous les jeunes qui veulent se lancer dans cette voie. »

Tes projets ?

« Je suis basé à Raiatea, j’ai l’intention, après l’obtention du brevet, d’agrandir ma capacité de pêche en allant plus loin, avec de plus grands bateaux. Toujours avec un poti marara, j’en ai déjà un mais il est un peu trop petit pour les spots où je veux me rendre. Grâce à l’examen, on obtient une licence qui nous ouvre les portes de l’exonération sur le carburant et les aides du Pays, ce n’est pas négligeable. Merci à l’école, aux professeurs, aux copains et surtout à la famille car tous ces mois loin de la famille, loin de la maison, ce n’est pas évident mais cela en valait la peine. »