Le avant/après CIN avec Mateata Taumihau

Nous avions rencontré Mateata Taumihau, 31 ans, en février 2020 alors qu’elle débutait la formation « certificat d’initiation pêche » au centre des métiers de la mer de Polynésie française. Nous l’avons retrouvée en fin de formation afin de recueillir ses impressions.

C’est après le décès de son père pêcheur que Mateata avait voulu en savoir plus sur le métier de pêcheur – que finalement elle ne connaissait que très peu – en participant à la formation « certificat d’initiation pêche » (CIN), une formation qui se déroule sur trois mois et qui doit être validée ensuite par une période de navigation de trois mois.

Même si elle a décidé de ne pas poursuivre dans cette direction, contrairement à certains de ses camarades qui enchaîneront avec la formation au brevet de capitaine de pêche côtière, son intérêt pour les métiers de la mer se précise : elle souhaite s’orienter vers la marine marchande.

Nous avons pu la retrouver en fin de cursus pour un mini-bilan et voir quelles sont les perspectives qui se présentent à elle.

Parole à Mateata Taumihau :

Quel bilan tires-tu de cette formation ?

« Cela a été une formation enrichissante, on a appris plein de choses sur le milieu maritime même si la fin de la formation a été décalée d’un mois en raison de la crise sanitaire. Avec un des professeurs avec qui on a eu le plus d’heures, on a appris tout ce qui était lié aux cartes de navigation, au balisage, aux techniques de pêche et à l’environnement règlementaire. »

Un exemple concret de quelque chose que tu as appris ?

« Par exemple on a appris à quoi servent la jauge nette et la jauge brute, comment est défini le tonnage et pourquoi il est défini comme ça et pas autrement…Impossible de savoir tout ça si on ne va pas dans ce genre de formation. On a appris plein d’autres choses mais là comme ça, il n’y a que ces exemples qui me viennent ! »

Au niveau humain ?

« C’était vraiment sympa et c’est dommage qu’elle se termine vite. C’était une bonne classe, c’était super. On n’était pas trop nombreux et il y a eu beaucoup d’entraide sur les cours, les exercices, même en dehors des cours. Les profs sont tous sympas ! Cela me donne envie d’aller plus loin au niveau formation. »

Que comptes-tu faire ensuite ?

« Je pense que pour les filles, la pêche ce n’est pas impossible mais c’est un peu plus compliqué pour aller sur des thoniers, du coup j’aimerais faire une formation au certificat de matelot pont (CMP) qui touche la navigation commerciale, les bateaux de plaisance, les ferries etc…Pour l’instant, je ne vise pas de métier en particulier, je voudrais faire le maximum de formations. La pêche c’était intéressant mais je préférerais m’orienter vers la navigation commerciale. Cela a été une belle expérience, c’est pour moi une carte en plus. »

Tu as hâte de chercher du travail ?

« Oui et non. Oui parce que tu as envie de travailler et non parce que souvent on a des réponses négatives d’où l’intérêt de se former au maximum pour augmenter ses chances de trouver un travail. Plus on est formé, plus on a de qualifications, plus on a de chances de trouver un bon travail. C’est pour ça que je veux continuer à me former. Je conseille à ceux qui s’intéressent au domaine maritime de se former. »

Un dernier mot, un remerciement ?

« Mon père était pêcheur et je suis heureuse aujourd’hui de m’orienter vers un métier lié à la mer même si ce n’est pas la pêche. Quand j’allais à la pêche avec lui, il ne m’apprenait pas forcément les techniques de pêche sous-marine ou autre. C’est en le perdant que je me suis rendue compte qu’il savait plein de choses et ça m’a donné envie de me former, je remercie donc le CMMPF de m’avoir donné cette opportunité. »