Willy Ah Min en formation au CMMPF

Le champion de va’a des Raromatai et homme fort du team Paddling Connection vient de démarrer une formation au Centre des Métiers de la Mer de Polynésie française de Fare Ute. Son but ? Passer son brevet de capitaine de pêche côtière afin d’obtenir sa licence de pêche. Rencontre.

Willy Ah Min est une des figures de proue du team Paddling Connection qui s’illustre chaque année lors d’Hawaiki nui va’a, la grande course de pirogue V6 se déroulant aux îles sous le vent. Fils de pêcheur, désireux d’évoluer professionnellement, c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers sa deuxième passion, la pêche, qu’il pratique depuis tout jeune.

Pour passer au cran supérieur, il vient de débuter une formation en vue d’obtenir le brevet de capitaine de pêche côtière (BCPC) au Centre des Métiers de la Mer de Polynésie française (CMMPF) situé à Fare Ute. Cette formation, étalée sur six mois, permet d’être « capitaine sur des navires de pêche armés à la pêche côtière » ou encore « second sur des navires armés à la pêche hauturière » sous réserve de l’obtention d’un module spécifique.

Parole à Willy Ah min :

Comment es-tu arrivé à cette formation ?

« Depuis tout petit, j’ai été amené à accompagner mon père durant ses parties de pêche. En prenant de l’âge, j’ai voulu faire le même métier que lui. Il faut savoir que maintenant, pour être pêcheur professionnel, il faut être titulaire du BCPC. C’est pour ça que je suis ici, pour passer la formation, pour pouvoir ensuite bénéficier de la licence de pêche qui offre beaucoup d’avantages. Pour six mois de sacrifices, on a derrière une carrière de pêche qui nous attend. »

Qu’attends-tu de cette formation ?

« L’expérience pour la pêche je l’ai déjà, c’est pour la navigation et la réglementation que je suis ici. Il y a des choses que l’on voit en formation que je ne connaissais pas. La mer est vaste, on n’a pas le droit à l’erreur. Mes premières impressions sont bonnes, on commence à voir un peu de tout : météo, tracé de carte, sécurité, ça commence à faire beaucoup mais on a le temps vu que c’est réparti sur six mois. On aura le temps de bien travailler sur tout ça. Il n’y a pas de secret, il va falloir travailler pour réussir. »

Qu’est-ce qui te plait dans la pêche ?

« Déjà le fait d’être son propre patron, ensuite d’être en contact avec la nature. Je suis plus intéressé par le poti marara qui est ciblé sur la traine, la bouée et le mahi mahi. Je suis originaire des Raromatai, dans la famille on connaît assez bien la mer. Tout le monde peut y arriver mais il faut aimer naviguer. C’est sûr qu’il faut un certain niveau pour apprendre tout ce qu’il y a à apprendre mais avec de la volonté on peut tous y arriver. »

Où comptes-tu exercer ton futur métier ?

« Chez moi à Raiatea. Ici à Tahiti, tu as plus de pêcheurs et moins de poisson, il n’est pas en tous cas aussi proche que chez nous. Certains font des campagnes de pêche, ce que l’on ne fait pas chez nous où on part le matin pour revenir le soir. Pour moi, c’est une chance. Dans mon cas, j’ai déjà un bateau, il ne me reste plus qu’à être en règle au niveau de la DPAM (ndlr direction polynésienne des affaires maritimes). Pour ceux ne l’ont pas, c’est sûr que c’est plus compliqué car c’est un gros investissement, 10 millions voire plus, mais il y a justement des aides accessibles pour ceux qui sont titulaires d’une licence de pêche. Il faut aussi être sérieux, on ne sort en mer pas pour s’amuser, c’est un travail. »

LE CONSEIL DE WILLY AH MIN

« J’incite tous ceux qui sont intéressés à venir s’inscrire au CMMPF, il y a beaucoup de formations selon les activités qui sont nombreuses dans le domaine maritime. Renseignez-vous ou venez directement à Fare Ute. »