Vaininamu Ti-Paon, future capitaine de pêche côtière

Vaininamu Ti-paon prépare actuellement le brevet de capitaine de pêche côtière (BCPC) au sein du centre des métiers de la mer de Polynésie française, le CMMPF. Issue d’une famille de pêcheurs, Vaininamu veut faire de la pêche son métier. Rencontre.

Vaininamu Ti-paon, 25 ans :

Quelques mots sur ton parcours ?
« J’ai été jusqu’à la seconde professionnelle, en commerce. Cela ne m’a pas plu, du coup j’ai quitté l’école. Avec mes parents, ma grande sœur, qui pratiquent la pêche, ils m’ont poussée à faire de la pêche, cela m’a motivé. J’ai entendu parler du CMMPF quand j’ai passé mon certificat d’initiation nautique « pêche » (CIN). Je suis venue m’inscrire, une secrétaire m’a prise en charge, conseillée. J’ai débuté directement par le brevet de capitaine de pêche côtière (BCPC). »

Quelques mots sur cette formation ?
« On apprend beaucoup de choses, sur la sécurité en mer, sur la navigation, sur les situations de panne…Il y a des choses qui n’ont rien à voir avec la pêche, par exemple les calculs de marées mais si on nous met ça, c’est pour une raison. On a pas mal de théorie, cela nous fait réfléchir, c’est bien. La formation dure six mois, dans trois semaines on passe l’examen final. Avec ce diplôme-là, tu peux être ton propre patron, le capitaine de ton propre navire. Tu n’es plus obligée de dépendre de la famille. »

La pêche, un monde d’hommes ?
« Il y a aussi de la place pour les femmes. La pêche, c’est fait pour tout le monde. Il faut juste du courage et de la volonté, c’est ce que mon père nous a appris. On a grandi avec la pêche, on se réveille pêche, on mange « pêche », on ne parle que de ça à la maison. Je suis fière de moi, de montrer ce que je sais faire. Tout le monde me connaît dans le domaine de la pêche côtière. La pêche à la bouée, la pêche au thon, mahi mahi…tout ce qui est pélagique. J’adore ça. »

Des projets de bateau ?
« Mon père est en train de me construire un bateau, un poti marara 24 pieds, on verra par la suite, avec ce que je vais récolter, si je peux me permettre d’acheter un bateau en plastique, ou un bateau en alu, un poti marara…Avec ce brevet, on obtient une licence, avec des aides pour tout ce qui est matériel de pêche. On a des aides pour l’essence…Merci au CMMPF, merci à mes parents. Mauruuru. »