Tunui Pureni : Formateur aux simulateurs de navigation

Tunui Pureni a arrêté l’école en cinquième, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir une carrière professionnelle remarquable. Il est depuis 2007 formateur au centre des métiers de la mer de Polynésie française, spécialisé dans les simulateurs de navigation. Il intervient dans la partie finale des formations. Rencontre avec ce Polynésien au parcours inspirant.

Tunui Pureni a eu un parcours remarquable. Après avoir arrêté l’école « classique » en cinquième, il a pu se réorienter vers un cursus technique au centre d’éducation aux technologies appropriées au développement (Cetad) avant d’intégrer l’armée pendant 17 années. Il a été recruté par le centre des métiers de la mer en 2007 et il est désormais une des forces vives du team de formateurs.

Passionné par la mer, il est fier aujourd’hui de pouvoir transmettre son savoir aux Polynésiens souhaitant s’orienter vers les métiers de la navigation. Il intervient dans la phase finale de diverses formations au capitanat, une phase cruciale où l’on passe de la théorie à la pratique sur simulateur de navigation.

Parole à Tunui Pureni :

Quel a été ton parcours ?

« Mon parcours est atypique, j’ai arrêté les études « normales » en cinquième au collège, ensuite j’ai fait une école de formation technique à Moorea, le Cetad. Après je me suis dirigé vers le milieu maritime parce que cela me plaisait. J’ai fait mes brevets dans la navigation commerciale ici en Polynésie, ensuite j’ai intégré l’armée où j’ai fait carrière pendant 17 ans. J’ai fini l’armée en tant qu’instructeur de la Marine Nationale à Brest en 2007, date à laquelle j’ai été recruté ici pour installer les simulateurs de navigation. »

En quoi consiste ton enseignement ?

« J’interviens dans la partie finale des grosses formations d’officiers de la marine marchande ; après la théorie, la pratique. Il faudra aux élèves officiers une bonne formation de base théorique sur tout ce qui est balisage et navigation. Une fois qu’ils ont acquis cette partie-là, ils viennent avec moi pour une durée de 15 jours pour des mises en situation dans des ports du monde entier et avec des conditions météorologiques changeantes. C’est ça le but du simulateur, c’est une mise en situation où on va essayer d’augmenter les difficultés pour arriver à une situation finale « exécrable » avec des pannes moteur, des situations météo difficiles…»

Les étudiants sont dans quel état d’esprit lorsqu’ils arrivent ?

« Ils sont très tendus parce que c’est l’examen final. On a un coefficient de 4 pour la partie simulateur. Heureusement, on fait les exercices étape par étape sur 15 jours, c’est ce qui leur permet de moins appréhender l’examen final qui arrive dans les trois-quatre derniers jours. La note compte pour beaucoup dans leur moyenne. Ils doivent pouvoir utiliser l’outil informatique pour mettre en pratique la théorie qu’ils ont apprise. »

Quelles sont les perspectives ?

« Les simulateurs commencent à être obsolètes. Il est prévu qu’on puisse en avoir un nouveau beaucoup plus performant et surtout qui puisse avoir une interface avec la partie machines. Ainsi, l’interface pourra envoyer des pannes comme dans une situation réelle car sur un navire, les pannes viennent souvent de la partie machines. Si on veut proposer de meilleures formations, on doit changer d’outil car l’outil actuel atteint ses limites. Il faudra également proposer plus de régions d’entrainement, notamment la région Pacifique, pour mieux mettre en situation nos élèves. »

Un dernier mot ?

« Le Polynésien est né avec la mer. Mon métier est pour moi une passion car la pédagogie cela m’a toujours plu. C’est plus qu’une formation maritime, c’est la formation d’ingénieurs qui doivent maîtriser les différents outils qu’il y a sur un navire et qui évoluent. Beaucoup de navires fonctionnent avec l’informatique et l’école doit être à la pointe du progrès. Il ne s’agit pas seulement d’aller de Papeete vers les îles, il s’agit de maîtriser ces outils pour éviter les accidents. »