Tereva Mai de retour à l’école

Tereva Mai est originaire de Bora Bora où il exerce le métier de pilote lagonaire. Il participe actuellement à la formation au certificat matelot pont (CMP) qui se déroule sur trois mois au centre des métiers de la mer de Polynésie française. Agé de 35 ans, il prouve ainsi qu’il n’est jamais trop tard pour compléter sa formation. Rencontre.

Tereva Mai aurait pu continuer sa profession de pilote lagonaire à Bora Bora encore des années. Mais à 35 ans, il a eu la volonté de retourner sur les bancs d’école pour continuer à se former. Il a ainsi débuté une formation au certificat de matelot pont (CMP) proposée par le centre des métiers de la mer de Polynésie française sur une durée de trois mois.

Cette formation lui permettra d’embarquer sur des bateaux plus gros ou encore d’envisager d’autres formations comme le brevet de capitaine. Nous avons pu le rencontrer pour comprendre ses motivations.

Parole à Tereva Mai, 35 ans :

Pourquoi les métiers de la mer ?

« J’ai commencé au collège de Bora Bora, au Cetad (NDLR centre d’éducation aux technologies appropriées au développement). J’ai été en GEM, gestion et entretien en milieu marin. Depuis, j’ai continué dans les métiers liés à la mer. Mes parents m’ont beaucoup poussé, ils m’ont aidé même s’ils n’étaient pas pêcheurs et ne naviguaient pas. Le goût de la mer est venu de moi-même. La mer est très présente à Bora Bora et il faut être en règle pour pouvoir naviguer sur le lagon, même sur un petit bateau. »

Ton parcours professionnel ?

« Depuis 15 ans, je suis capitaine sur des bateaux qui font des traversées inter-hôtels sur l’île de Bora Bora. J’étais titulaire du certificat de pilote lagonaire (CPL), ce qui est suffisant pour la navigation dans le lagon. J’amène des clients de l’aéroport à un hôtel ou d’un hôtel à un autre. Cela faisait un moment que je pensais à participer aux formations proposées par le CMMPF. Au début de cette année, j’ai reçu un appel du centre qui me disait que mon dossier d’inscription avait été retenu. »

Quel est ton but ?

« Je veux me former pour continuer ma carrière sur d’autres types de navire, en tant que matelot au départ et ensuite pourquoi pas en tant que capitaine. C’était important pour moi d’avoir le courage de me former parce que dans le lagon tu ne fais pas la même chose qu’à l’école. Après ma formation, j’ai envie d’embarquer sur un des gros navires qu’il y a à Papeete, un navire de marine marchande comme l’Hawaiki Nui, le Taporo..Le navire qui voudra bien me prendre. »

Quelques mots sur cette formation ?

« Tout est intéressant mais j’ai eu des difficultés au niveau des calculs. A mon âge, ce n’est pas facile de revenir sur les bancs de l’école mais ça va, je m’en sors. Quand on veut, on peut, comme on dit. On apprend la navigation, les règles de barre, les feux et signaux, on apprend les calculs de dérive, de déclinaison et de déviation, le traçage de cap et en ce moment on est sur la météo. Naviguer en Polynésie, ce n’est pas donné à tout le monde, il y a des récifs, il faut bien connaître sa zone de navigation et les règles de sécurité pour bien gérer les dangers. J’espère emmagasiner plus de compétences. L’ambiance est bonne, il y a un bon esprit d’équipe dans la classe. »

Ton expérience à Bora t’a beaucoup apporté ?

« Le lagon de Bora est un des plus beaux lagons du monde. Avoir navigué là, c’est un peu une force qui m’a été donnée. Mais aujourd’hui, je suis attiré vers autre chose car pendant 15 ans, il s’agissait beaucoup de rapports avec la clientèle. Les trajets étaient souvent les mêmes. Il y avait certes les règles de bases, la signalisation, les règles de sécurité mais là, je veux progresser en navigation. »

Un dernier mot ?

« Les jeunes, n’attendez pas pour vous inscrire car avec l’âge c’est plus difficile mais quoi qu’il arrive, il faut aller de l’avant et ne pas se laisser abattre, bon courage à tous ! »




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